C’est l’histoire d’un gars qui n’avait jamais fait de sport de sa vie (sauf sur le banc de touche, dans sa jeunesse) et ne comprenait pas ceux qui passaient des heures à pédaler sur leurs pauvres vélos. Rien que de les voir transpirer sur la route, et de les doubler en voiture, cela lui donnait mal aux jambes pour appuyer sur sa pédale d’accélérateur.  

            Au fait, j’oubliais, le gars en question , c’est moi, votre serviteur, Thierry Lalonnier, actuel Président de BEA…

 

           N’étant pas natif de la région, j’avais quand même remarqué que les cyclopèdes n’étaient pas en voie d’extinction dans le département 53, bien au contraire, ils avaient même une fâcheuse tendance à se multiplier par dizaine à la belle saison.  

 

         Après avoir installé ma petite famille sur la commune d’Andouillé, j’ai rencontré un voisin passionné de vélo qui insista à plusieurs reprises pour me faire découvrir les chemins creux d’Andouillé, c’était « Petit Franck » et c’est là que tout a commencé …  

 

         J’ai donc accepté son invitation avec beaucoup d’hésitation. J’ai pris le seul vélo que j’avais en ma possession, mon VTC qui était plus fidèle à moi-même que je ne pouvais l’être avec lui.

 

        J’ai suivi la roue de Franck en lui indiquant mon état de santé, et mes antécédents de grand sportif, pour qu’il me ménage un peu.

 

         Nous avons pris la direction de La Baconnière par la route, l’allure était assez vive, nous étions dans une descente, avec ensuite une période de faux plat où là j’étais « facile » avec mes grandes roues de VTC …

       

         Franck a mis son clignotant pour tourner à gauche (ah oui, c’est vrai, j’oublie qu’il n’était pas en voiture !). En tournant, il me dit « mets le petit plateau, c’est la côte du Lattay ».

       

          La côte du Lattay ? Quel plateau ? Devant ? Derrière ? Je sentais l’ascension du Col du Lattay mal partie.

 

         Mais après avoir bidouillé ces fichues poignées de dérailleur, après une multitude de craquements, je me suis retrouvé sur un rythme qui me convenait, ou presque …

 

        Mon orgueil dans les poches, ou au chaud sous ma selle, voyant s’éloigner Franck, j’ai senti la pression monter dans mon corps.

 

         Mes foutues jambes appuyaient comme elles le pouvaient pour faire avancer le VTC et le gars qui était dessus, le principal étant d’arriver au bout de ce foutu col de catégorie 12, sans poser le pied à terre !

 

         Les encouragements de Franck étaient bien là, mais je manquais surtout de souffle.

 

         A travers les étincelles de mes yeux, me voici en vue de ce qui m’apparaissait être l’arrivée : Franck s’y était posté pour m’attendre. J’arrivai enfin à sa hauteur, et il me dit « il ne reste plus que 20 mètres pour être au bout ! ».

 

          C’était la fin des haricots, les soupapes « moral » & « souffle » avaient sauté, le pied était posé.

Je pensai alors SAMU, pompiers, voiture balai, bouche à bouche de ma fiancée …

 

          Après avoir récupéré la vue, nous étions positionnés où le paysage sur Andouillé était imprenable : quand on apprécie la campagne comme moi, la récompense après l’effort était là. Il y avait 4 kilomètres de faits, avec une impression d’en avoir 40 dans les jambes, et il nous restait la fin de la boucle que Franck nous avait concoctée.

 

          Ce fut très difficile de finir ces 10 petits kilomètres, mais le charme des chemins était au rendez-vous ainsi que le mal de jambes.

 

        Persuadé que le plaisir viendrait avec de l’entraînement, j’ai renouvelé plusieurs fois l’expérience.

 

        Au fur et à mesure, le groupe s’est étoffé par connaissance : Dominique (Papy pour les intimes, ou le Vieux), Nico (parti depuis à St Denis de Gastines), Sébastien, etc…

 

         C’est grasse à Dom et Franck que j’ai pue  progresser, ils m’ont souvent pris dans leurs roue, pour les moments difficiles. 

         Mais force était de constater qu’il était difficile de rouler à 2 ou 3, le dimanche matin en fonction des dispos de chacun. L’idée nous est venue de créer un club de vélo. Quelques mois plus tard,(le 26 novembre 2004) naissait BEA avec 19 licenciés.

 

       Aujourd’hui nous sommes une trentaine répartis en trois groupes : VTT, ballade sportive VTC et cyclos.

 

      Le principe du club est simple : rouler avec des copains et des copines, et se faire plaisir avant tout. Nous organisons des week-ends conviviaux pour que tout le monde se retrouve, « en famille », le but étant de regrouper des personnes qui pratiquent ou qui veulent pratiquer le vélo sur le secteur d’Andouillé.

 

         Pour toutes les personnes voulant découvrir le secteur (routes, chemins), nous sommes à votre disposition et à votre écoute.

 

Nous avons tous commencés un jour…

 

Thierry Lalonnier